24 – La visite des parents pour la naissance d’Emma !!!

De 18 octobre – 8 novembre

L’arrivée de Papi

Le 18 octobre, Papi, le papa de Damien, arrive à Los Angeles. Nous louons une voiture à San Diego afin que Damien aille chercher Papi à l’aéroport. Irina et les enfants restent à côté de l’hôpital, en cas d’urgence pendant que Damien est à Los Angeles. Il part à 19 heures et espère rentrer vers 1 heure du matin. Papi atterrit à 21 heures, mais il ne sort de l’aéroport qu’à 3h30 du matin ! Pour une meilleure compréhension, nous laissons Papi, lui-même, raconter son arrêt par la police à la frontière américaine :

Un policier est venu me chercher à la descente d’avion parmi 300 passagers ! J’étais fier de passer devant tout le monde.

Malheureusement, cela n’a pas duré longtemps… Un « garde du corps » m’a emmené au sous-sol où m’attendaient deux autres policiers.

A partir de ce moment, j’ai compris que j’étais considéré comme un terroriste. Un soi-disant interprète m’a été assigné mais il ne parlait vraiment pas bien français. Cela m’a permis d’esquiver quelques questions et de perdre mes interrogateurs quand ils devenaient trop embêtants.

Des questions m’ont été posées pendant 2 heures 30, jusqu’à épuisement. On m’a tout de même apporté des bouteilles d’eau pour boire. Ils m’ont demandé où j’allais, ce que je venais faire aux Etats-Unis, combien de temps je vais rester, à quelle adresse je reste en Californie, ce que je faisais comme travail, si j’ai des amis, d’où provient mon téléphone, quand j’ai acheté mon téléphone,  etc. Ils m’ont ensuite montré les photos d’Alain et de Damien sur leurs propres tablettes.

Puis ils ont recommencé : « C’est Alain ou Damien qui vous a acheté votre téléphone ? ». « Quand vous l’ont-ils acheté ? ». Ils avaient visiblement un problème avec mon téléphone !

Pendant ce temps, Damien attendait tout seul dans l’espace d’attente de l’aéroport, vraiment tout seul…

Dans le même temps, il semble que Damien leur ait parlé. Damien me dira après qu’il est resté 20 minutes au téléphone avec la douane et a lui aussi été questionné assez durement (mais seulement au téléphone, lui !). La conversation que Damien a eu au téléphone avec le policier en quelques mots : « Une personne prétendant être votre père est à l’aéroport de Los Angeles, est-ce vrai ? Que fait-il ici ? Où va-t-il rester ? Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ? Quand quittez-vous les US ? Votre frère est bien avec vous, non ? Ah non ? Où est-il alors ? Où travaille votre frère ? Épeler le nom de sa société svp. Donnez-moi le numéro de téléphone de votre frère. Votre père a-t-il des amis ? Les connaissez-vous ? Connaissez-vous bien votre père ? Quels pays a-t-il visité ? A-t-il été dans des pays arabes ? A-t-il des amis arabes ? ». Puis les questions pour Damien se sont arrêtées là.

Suite à cela, il y a eu un petit moment de faiblesse du policier. Il m’a mentionné que Damien avait dit que j’avais mon téléphone depuis 3 ou 4 ans. J’ai pu confirmer en étant sûr de donner la bonne réponse ! Par contre, je me suis dit qu’il détenait aussi Damien, en même temps que moi. En plus de mon arrestation, je m’inquiétais maintenant de celle de Damien. 

Et c’est reparti pour une série de questions. « Est-ce que vous venez pour voir Hollywood ? » J’ai simplement répondu que je venais voir ma petite fille qui allait naître et que le reste serait une surprise. J’ai ajouté que « pour une surprise, c’est une surprise ! ». Ils se sont tous mis à rire. Cela ne les a pas empêchés de continuer leur interrogatoire…

J’ai ensuite demandé de me reposer et si possible de m’allonger, que je n’en pouvais plus, que je devais prendre mes médicaments, que j’avais des problèmes au cœur, etc. Mais rien de tout cela ne les a attendris. Les policiers m’ont dit d’aller sur des sièges – inconfortables – et je me suis donc couché et endormi par terre pendant 2 heures. Ils n’avaient évidemment pas de couverture pour moi. Ils ont ensuite recommencé à me poser des questions pour enfin me dire que je pouvais partir.

Ils m’ont toutefois fait une dernière « faveur » et ont vidé ma valise avant de me laisser partir. Dans l’empressement, je n’ai pas trouvé la clé de l’antivol de ma valise et un policier a simplement coupé à la base la fermeture éclair de ma valise. Quel idiot.

J’ai dû ensuite refaire ma valise en vitesse car ils fermaient la douane (il était 3 heures 30 du matin !) et je risquais de rester sur place pour le reste de la nuit si je n’étais pas assez rapide.

Donc finalement, à 3 heures 30 du matin, Papi et Damien sont réunis dans l’espace d’attente.  Quel bonheur!

19 octobre – 25 octobre : Mission Bay, San Diego

Papi et Damien arrivent à 5h30 du matin. Nous restons sur place, à côté de l’hôpital. Après le petit déjeuner, nous rendons la voiture et nous partons pour Mission Bay où nous faisons du camping sauvage.  Papi fait du bodyboard pour la première fois de sa vie.

Nous passons ensuite 3 jours à Admiral Baker, pour montrer à Papi le camping de la US Navy. Cela permet également aux enfants de retrouver leurs amis.

Les parents d’Irina arrivent le 25 octobre.

Si Papi reste avec nous dans Johnny RV, les parents d’Irina ont pris une chambre à Bahia Hotel Mission Bay, de l’autre côté d’où nous faisons du camping sauvage. Irina en profite et pour les 9 jours de présence de ses parents, elle “déménage” avec les enfants dans l’hôtel. Damien et Papi dorment dans le camping-car garé devant l’hôtel.

Si, avant l’arrivée de Papi, nous avons “stressé” les enfants avec le CNED, pendant les visites des parents, les enfants sont en vacances ! Toute la famille profite de leur visite. Les enfants passent la matinée dans la piscine de l’hôtel. L’après-midi, nous allons à La Jolla pour voir les lions de mer sur la plage.

 

Le lendemain, nous passons la journée à Sea World. Très joli parc à voir des orques, des bélugas, des morses, des dauphins, etc. Voir des animaux hors de leur milieu naturel est toujours dérangeant, mais Sea World nous promet que c’est pour la bonne cause, et que cela permet à l’homme de mieux connaître ces animaux pour mieux les protéger… Admettons. En attendons, l’Homme les enferme et leur fait faire des activités contre-nature.

Le soir, dès que nous arrivons à l’hôtel, Irina perd les eaux.

28 octobre : L’accouchement d’Emma

A minuit, Irina et Damien vont à l’hôpital. Après le triage, nous sommes déplacés rapidement dans une des chambres d’accouchement.

Irina montre son plan d’accouchement : elle veut être sûre que le processus physiologique de la naissance sera respecté et qu’elle va avoir une naissance digne et douce où la technologie est minimale ! La sage-femme lit le plan et confirme que tout est OK. Puis elle demande si elle peut mettre une canule, préventive. Irina, bien sûr, dit “no” ! Si c’est nécessaire, on pourra la mettre  en urgence, mais pas avant, sans une vraie raison médicale.

Il est une heure du matin. Irina n’a pas encore de contractions régulières. La sage-femme lui demande si elle veut un contrôle gynécologique pour connaitre son niveau de dilatation. Irina refuse. Ce n’est pas nécessaire. La sage-femme lui demande ensuite si les contractions sont douloureuses, sur une échelle de 1 à 10 . Irina répond 1 ou 2, mais elle demande de ne pas parler des contractions en termes de douleur, car elle ne veut pas les percevoir comme douloureuses.

Il est 2:50 du matin et Irina a besoin d’aller aux toilettes, mais elle a une sensation assez bizarre.  La sage-femme propose un contrôle gynécologique pour se rassurer. Irina est d’accord. Le résultat : 6.5 cm de dilatation. “Ne t’inquiète pas ! Vas tranquillement aux toilettes, tu as encore du temps !” dit la sage-femme. Donc Irina y va.

Quelques minutes plus tard, Irina appelle Damien. “J’ai une sensation assez bizarre, donne-moi ta main, s’il te plait ! Aaaiii, tu devrais appeler la sage-femme !” Elle arrive très rapidement. Elle regarde Irina et crie: ” Ahh noon, pas là ! Viens vite dans la chambre !” En fait, elle vient de voir la tête d’Emma !

Après quelques vagues (dans la méthode hypnobirthing les contractions sont considérées comme des vagues pour un accouchement plus zen), Emma est née à 3h27 du matin ! Elle est immédiatement mise au sein, avant d’être lavée ou vérifiée médicalement. C’était l’une des demandes d’Irina dans le plan d’accouchement. Le docteur voulait couper le cordon ombilical juste après la naissance mais la sage-femme lui a expliqué qu’Irina a demandé aussi d’attendre jusqu’à la dernière pulsation avant de le couper et que soit Damien qui le coupe. 25 min plus tard, Damien coupe le cordon ombilical.

La dernière étape de l’accouchement, la naissance du placenta !

Si jusqu’à maintenant, tout s’est bien passé, de façon calme et naturelle, l’étape suivante est plus difficile.  20 minutes après la naissance du placenta, Irina a une hémorragie. Elle perd 2 litres de sang. La sage-femme ne sait plus quoi faire et demande au docteur d’intervenir. Il nous explique qu’Irina doit aller dans la salle d’opération pour vérifier s’il reste du placenta dans l’utérus et mettre un ballon “bakri” pour l’aider à se contracter et arrêter l’hémorragie. Pendant ce temps, Damien reste avec Emma dans la salle post-opératoire.

40 min plus tard, Irina rejoint Damien et Emma puis déménagent dans une chambre post-partum. L’infirmière fait une prise de sang à Irina pour vérifier son niveau d’hémoglobine. Une heure plus tard, le docteur arrive avec le résultat du test.

“Irina, ton hémoglobine est à 6. Le niveau normal est de 12. Je te conseille de faire une transfusion. Tu viens de perdre 2 litres de sang et tu as un bébé à allaiter.”

“Quels sont les risques de la transfusion  ? Demandons-nous. Et combien de sang a besoin Irina ?”

“Il n’y a pas de risques. Le sang de tous les donneurs est testé pour le HIV et les hépatites. Irina a besoin au moins de 2 doses.”

“C’est-à-dire qu’Irina va recevoir du sang de 2 donneurs différents ?”

“Oui.”

“Ça va donc doubler le risque ! Damien a le même type de sang, donc je préfère recevoir son sang.” dit Irina.

“Ce n’est pas possible car il nous faut 2 jours pour tester son sang.”

Durant 24 heures, toutes les 8 heures, nous avons répété ce dialogue avec 3 autres docteurs. L’hémoglobine continue de descendre. Lundi matin, Irina a 4.9 mg/L d’hémoglobine. A ce point, nous décidons d’accepter la transfusion.

“Maintenant, je suis un mélange à trois !” dit Irina. “C’est moi et les 2 autres qui m’ont donné du sang!”

L’après-midi, toute la famille est réunie à l’hôpital pour assister au premier bain d’Emma.

Mardi matin Emma et Irina rentre à la “maison”.

Pour Halloween, nous allons dans la réserve indienne où les enfants font “trick or treat” dans les magasins d’un centre commercial indien, et ensuite nous dînons au Casino.

Durant les derniers jours avec les parents, nous retournons à Los Angeles où nous visitons des musées, le “marché des fermiers” et l’observatoire.

Les parents d’Irina partent le 4 novembre et Papi le 8 novembre. A nouveau, nous nous retrouvons orphelins, mais nous sommes maintenant 5 orphelins ! 🙂

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